Nouvelles

déc.
30
2019

Première convention collective suite à une décision arbitral, 27 janvier 1919

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IL Y A CENT ANS … 


Décision du Bureau d’arbitrage relativement aux salaires et conditions de travail des employés du Département des incendies de Montréal. 


par Jean-François Courtemanche

 

Le 18 septembre 1918, en raison de la situation économique difficile des pompiers et de conditions de travail précaires qui causèrent de nombreux accidents et même plusieurs pertes de vie, l’Union des pompiers de Montréal est créée. Une fois organisés officiellement en syndicat, les pompiers ne tardèrent pas à faire connaître leurs demandes à la commission administrative de la Ville. Les policiers, les employés de l’incinération, les employés de tramways et les ingénieurs mécaniciens de l’aqueduc municipal, qui s’étaient syndiqués à la même époque, avaient eux aussi accumulé de nombreux griefs envers les autorités municipales. Un front commun se dessinait à l’horizon. 

 

Outre la question salariale, les demandes des pompiers concernaient entre-autres, la reconnaissance de leur union et la réduction du nombre d’heures travaillées avec l’embauche d’une seconde équipe. L'horaire de travail du pompier n’avait pas bougé d’une minute depuis la création du département. Les hommes avaient droit à leur dimanche toutes les trois semaines. Chaque semaine, ils obtenaient leur « congé de soir », de 18 h à 7 h le lendemain matin, puis leur « congé de jour », de midi à 18 h. Dans ce cycle de trois semaines, le pompier ne vivait donc que 43 heures en dehors de la caserne la première semaine et 19 heures la deuxième et la troisième semaine. En moyenne, il était en devoir 141 heures par semaine, moins l’heure dont il disposait pour chacun de ses repas. 

 

Dans la matinée du 12 décembre, malgré de longues négociations en présence du premier ministre Lomer Gouin, l’ensemble des « unionistes », à l’exception des pompiers, décidèrent de débrayer à midi le jour même. Les trois cents pompiers présents à l'assemblée, qui avaient jusque-là accepté de s’en remettre à l’arbitrage, suivirent le mouvement deux heures plus tard. Les casernes de la ville furent du coup désertées. 

 

Le premier ministre Lomer Gouin s’était rendu à Montréal dans le but d’en arriver à une entente et il y parvint. L’archevêque de Montréal, Mgr Bruchesi et le Conseil des métiers et du travail furent les autres acteurs clés de la médiation qui mena à la résolution du conflit. Les journaux jouèrent aussi un rôle décisif dans cette affaire, en prenant position en faveur des employés municipaux dès le début. 

 

Les grévistes rentrèrent au travail trente-trois heures après le déclenchement de la grève, vers 21 h 30, le 13 décembre. Cette grève éclair marqua un point tournant dans l’histoire du Service des incendies, les pompiers obtenant gain de cause pour une large part de leurs revendications, en particulier celle touchant la création d’une seconde équipe de travail. Le pompier vit du coup ses heures passer de 141 à 84 par semaine. Il travaillerait tous les jours, mais ferait une semaine de jour (de 8 h à 16 h) et une de soir (16 h à 8 h), en alternance. Enfin, il pouvait rentrer chez lui tous les soirs ou tous les matins. 

 

C’est le 27 janvier 1919 que le Bureau d’Arbitrage rend sa décision sur 27 points en litige. En voici quelques sujets : 

- Réorganisation du mode de promotions; 

- Salaires attachés aux promotions; 

- Formation d’une deuxième équipe avec modification d’horaire de travail;

- L’entretien des casernes au point de vue de la propreté et des conditions d’hygiène; 

- Fourniture par l’employeur des pièces d’uniforme; 

- Classification des pompiers en cinq classes. La première classe étant atteinte par les pompiers comptant plus de quatre années de service; 

- Accorder aux pompiers de tous les grades 15 jours de vacances avec plein salaire; 

- Accorder aux pompiers le plein salaire lors de maladie ou blessure dans l’accomplissement de son service; 

- Les membres qui ne seront pas de service devront se rapporter dans le cas d’une troisième alarme; 

- Fixation des salaires annuels : 

Capitaine 1 800 $ 

Lieutenant 1 700 $

Ingénieur 1 500 $ 

Assistant-ingénieur 1 400 $ 

Pompier 1ère classe 1 400 $ 

Pompier 2e classe 1 300 $ Pompier 

3e classe 1 200 $ Pompier 

4e classe 1 100 $ Pompier 

5e classe 1 000 $ 

Réparateur de boyaux 1 250 $ 

Sellier 1 100 $ 

Employés chargés de l’entretien des chevaux malades 1 100 $ 

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